La guerre de 1914-1918 : une expérience plouzanéenne

En 1914, Plouzané était une bourgade de 2400 habitants environ. En 1921, elle inaugure un monument - que l’on peut toujours voir dans le cimetière entourant l’église - portant les noms des 98 Plouzanéens morts durant la première guerre mondiale, ou qui en sont revenus si malades qu’ils n’ont guère survécu : « Plouzane d’he bugale maro er vrezel (Plouzané à ses enfants morts à la guerre) ».

Depuis des siècles, le samedi est jour de marché à Saint-Renan. C’est à l’occasion de celui du 1er août 1914 que nombre de Plouzanéens furent avertis, par le son du tocsin, de la mobilisation générale en France et donc de l’imminence de la guerre.

Dès lors, ceux d’entre eux qui étaient mobilisables furent enrôlés pour toutes les batailles, sur terre et sur mer et même, à l’occasion, dans les airs. Certains furent envoyés en Belgique, d’autres vers la Marne ou la mer du Nord. Beaucoup subirent la terrible guerre de position, celle des tranchées, qui dura quatre longues années dans la boue des terrains sédimentaires du nord et de l’est de la France, sous le matraquage incessant des bombardements d’artillerie et dans une succession d’offensives meurtrières dont certaines, d’envergure, sont désormais inscrites dans la mémoire collective.

Les deux premiers mois de guerre furent les plus meurtriers pour les recrues plouzanéennes : les victimes étaient alors surtout des appelés, en caserne au moment de la déclaration de guerre, et qui, de ce fait, étaient immédiatement opérationnels face à une situation d’urgence. Les autres périrent plus tard au cours de batailles tristement célèbres : en Champagne, en septembre et octobre 1915, ou encore à Verdun, sur une plus longue période, en 1916 et en 1917, et enfin, lors des ultimes offensives allemandes de 1918.

 

2020 02 05 grande guerrePlouzanéens morts de la 1ère guerre mondiale pendant ou après le conflit.

 

Après l’Armistice, alors que la guerre était finie, des hommes sont encore morts de maladies qu’ils ont contractées en service, notamment la tuberculose pulmonaire : leurs noms sont aussi inscrits au monument.

Parmi les 98 morts pour la France, 41 sont morts sur le champ de bataille, 17 ont été mortellement blessés, 18 sont disparus, 18 également sont morts de maladies et 2 sont décédés accidentellement. 19 avaient moins de 22 ans, 35 avaient entre 22 et 26 ans ; 27 avaient entre 27 et 33 ans et 15 avaient entre 34 et 45 ans. Pour deux d’entre eux, aucune information n’a pu être recueillie à ce jour.

Plouzané salue leurs mémoires ainsi que celles de leurs familles, éprouvées par ces tragédies.

 

Ces informations sont issues d’un travail exhaustif réalisé par M. Jean-François Simon et qu’il a présenté lors d’une conférence, à l’Hôtel de Ville, le 08 novembre 2018.