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Les trois vies du Fort du Mengant (XVIIème siècle)

mengan fort 01Nous sommes à la fin du XVIIème siecle, vers 1680. Louis XIV règne sur la France. Quelques années plus tôt, Richelieu a décidé d’implanter à l’abri de la rade de Brest un arsenal et un important port militaire. Il est donc important de préparer la défense de ce port, et tout particulièrement du point stratégique constitué par le Goulet de Brest.

Comme pour l’ensemble des travaux de fortifications du Royaume, c’est Vauban qui trace les grandes lignes de ces défenses. Et pour protéger la rade, son projet est simple : il installe de part et d’autres du goulet deux forts situés au ras de l’eau : le fort de Cornouaille sur la côte Sud, et le fort de Léon sur la côte nord. Ces deux forts, situés à quelques encablures du point le plus étroit du goulet, sont séparés d’un peu plus de 2 km. Entre les deux, sur la roche Mengant qui affleure au milieu du goulet, il souhaite établir une batterie. Ce troisième projet se heurtera à la force des courants et des marées. Mais le nom de Mengant ne disparaît pas pour autant du dispositif de protection du goulet, puisque le Fort de Léon sera ultérieurement baptisé Fort du Mengant.
Le fort est constitué de deux parts. En bas, au ras de l’eau, une plate-forme en demi-cercle est armée d’une quarantaine de canons, dont le feux, combiné à celui des canons du fort de Cornouaille, est capable de barrer le goulet. On y trouve également quelques bâtiments abritant la vie de la garnison : casernes, logements, réserves...
Au dessus de cette batterie, en haut de la falaise une « batterie haute » surplombe les abords de Quilihouarn. Cette batterie, armée de 14 canons est destinée à protéger la batterie basse d’une éventuelle invasion par la terre. Des murs d’enceinte, parfois appelés « branches tombantes » relient les deux parties de ce fort le long des pentes escarpés de la falaise.

A la fin du XIXème siècle, l’artillerie ayant beaucoup progressée, le fort perd sa première raison d’être. C’est à cette époque qu’on lui ajoute une petite digue permettant d’abriter dans la petite anse du Mengant un petit port destiné à accueillir des canots porte-torpille dont la mission sera de détruire d’éventuels cuirassés ennemis qui s’introduiraient en rade. A cette occasion, le port est dragué et creusé afin de permettre de garder ces canots à flots à toutes heures de la marée.
Cette mission ayant à son tour perdu sa raison d’être, le fort, après-guerre, n’a plus véritablement sa place dans la défense de Brest.


C’est en 1964 que le fort retrouve une nouvelle utilité. A cette époque sont développé de nouveaux radars pour les frégates de type Suffren. Ces radars, installés sous un imposant radome, nécessitent une base d’essai. C’est cette fois la partie haute du fort qui est utilisée. Pour permettre l’acheminement des radars, une rampe d’accès est construite parallèlement à la « branche tombante » Est. Les radars arrivent alors par mer et sont montés via ce drôle d’ascenseur jusqu’à la partie haute du fort qui présente les caractéristiques nécessaires pour les tester.


De Vauban aux radars du XXème siècle, en plus de 300 ans d’histoire, le Fort du Mengant a donc connu bien des usages différents.