A-  A  A+
RSS

Hôtel de Ville

  • Place Anjela Duval
    29280 Plouzané
  • 02 98 31 95 30
  • 02 98 49 31 33
  • Contact
  • Horaires
plans

Météo

Le Minou, porte océane de Brest (XVIIème siècle)

histoire du minou 1Les premières pages de l'histoire du Minou s'écrivent au 17ème siècle. Et si Vauban, commissaire général aux fortifications de Louis XIV y vient, ce n'est surement pas pour y faire du tourisme : l'heure est à la protection contre les Anglais qui menacent de débarquer à Brest. C'est tout le goulet qu'il faut protéger. Ainsi à Plouzané, on retrouvera des fortifications à la pointe du Diable, au Dellec, au Mengant et au Minou, site hautement stratégique dans la protection du goulet puisqu’il fait face à Camaret et à la baie de Berthaume.

Les travaux sont conduits de 1689 à 1700 et dès 1694 les canons du Minou contribuent à repousser une tentative de débarquement anglais.

A l'issue de cette première phase, le fort du Minou ressemble déjà à ce que nous connaissons aujourd'hui : un retranchement fortement armé protégé par une haute muraille, surplombant un fossé, muraille elle-même surmontée d'un épais talus destiné à la protéger de tirs de canon par des envahisseurs venus coté terre. Mais on y trouve aussi plusieurs bâtiments abritant la garnison, les munitions, les vivres...

En 1841, face à de nouvelles menaces, les remparts sont consolidés, épaissis et surélevés aux dimensions qu'on leur connaît actuellement.

A cette époque et pour la première fois, ce site va connaître une autre vocation que la défense de Brest : en 1848, s’opère la mise en service le phare. Situé sur un rocher, à quelques mètres de la pointe elle-même, on y accède par un pont de pierres. Sa lanterne culmine à 38 m au-dessus de la mer, et son éclat porte à 19 miles. L’alignement avec le phare de Sainte-Anne du Portzic indique la direction à suivre pour emprunter le goulet et sécurise ce dangereux passage parsemé de rochers.

Mais dès 1870, c'est de nouveau la vocation militaire du Minou qui est réaffirmée. Le site est complété par des casemates enterrées permettant des tirs au ras de l’eau. Des batteries hautes complètent le dispositif : elles se trouvent aujourd'hui au-dessus de la route et dans l'enceinte de l'actuelle SPA, faisant de toute la pointe du Minou une zone fortement armée.

Les rivalités franco-anglaises diminuant au début du vingtième siècle, les équipements lourds sont petit à petit retirés pour être redirigés vers l'Est de la France où se profilent d'autres conflits, d’autres ennemis…
Et c'est ainsi que le fort devient, pour la première fois, lieu de loisirs : Edmond et Dalila Torchiot y installe, dans l’entre deux guerres, un hôtel et une rôtisserie dont la notoriété va bien au-delà du pays de Brest. Les cinéphiles auront reconnu cet établissement dans les premières scènes du film Remorques tourné en 1939 avec Jean Gabin et Michèle Morgan : c’est bien là que la noce bat son plein lorsque l’équipage du remorqueur est rappelé pour aller porter assistance à un navire en perdition.

histoire du minou 6En 1940, les Allemands arrivent et occupent le fort. Quatre ans plus tard, à la Libération, il ne reste plus grand chose de l'ancien restaurant, ni des bâtiments qui auparavant occupaient cette enceinte. Par contre, de lourds blockhaus en béton, quasiment indestructibles, sont apparus, dans le fort et aux environs. Après guerre, le site est délaissé et n'abrite plus que le phare et la maison du gardien. Mais on est alors en pleine guerre froide, et l'on craint des attaques contre la flotte et les sous-marins basés en rade. Pour lutter contre d'éventuelles immersions de mines, larguées par avion, une tour, un peu moins haute que le phare, est construite devant lui. Elle porte à son sommet un radar qui veillera sur le goulet jusqu'au début des années 1980, date à laquelle il sera démonté.

Le site du Minou, ayant perdu toute vocation militaire, l'Etat a décidé de le vendre. Après les travaux de sécurisation nécessaires, il s’est ouvert au public.
A l’abri de ses remparts, on peut observer les vagues venant se briser sur les rochers, ou déferlant sur la plage pour le bonheur des surfeurs et des bodyboardeurs. Tourné vers Brest, on peut admirer les mouvements des navires entrant ou quittant la rade. Face à l’Ouest, on peut respirer l’air frais venu du large et, scrutant l’horizon, essayer de distinguer le phare de l’île de Sein ou imaginer beaucoup, beaucoup plus loin, le bras levé de la Statue de la Liberté, face à la mer.

 

Le chanteur EdRio a tourné le clip de sa chanson « Le dernier homme du phare » au phare du Minou de Plouzané : appréciez-le ici.
D’autres images aériennes du phare du Minou ont été prises par M. Philippe Croguennec.